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Ma ville natale.
Il fut un temps ou Aflou était un petit village pareil à une pièce d’art rare. Dans le creux des montagnes qui l’entouraient, vue de n’importe quel point culminant, on a l’impression de pouvoir le prendre dans le creux des deux mains jointes et de pouvoir le déposer tel un objet coquet, sur une belle cheminée, le milieu d’un rayon de bibliothèque …
En 1956, Emile Dermenghem, donne la description suivante d’Aflou :
- Aflou est au cœur du massif , à
Les points culminants du Djebel Amour atteignent de 1700 à près de
Après l’aridité du désert ou la monotonie de la mer d’alfa, Aflou apparaît comme un coin presque féerique, de verdure et de fraîcheur, avec ses eaux ses prairies naturelles ses peupliers ses arbres fruitiers.
Aflou représente pour l’écrivain français, la Normandie en petit format, il ajoute:
- Le centre d’Aflou n’a pas moins de
et c’est un spectacle curieux que d’y voir faire la fenaison ou paître des vaches qui sont loin d’être maigres.
En ce qui concerne la mosquée d’Aflou, l’amabilité de ses habitants, ses saints, il écrit:
- « La mosquée fait honneur au pays. Construite en 1902 avec le produit d’une collecte, elle peut contenir 1000 fidèles et son minaret élancé n’a pas moins de
Il n’y’a pas de quartiers spéciaux à Aflou comme à Ghardaïa ou à Laghouat. Les divers races vivaient sans heurts; Arabes, Européens, juifs, commerçants.
Le djebel Amour est le pays des saints, que ces saints soient des ascètes isolés, des ancêtres de tribus ou des représentants de confréries mystiques. »
En 1962, après le départ des Français, le village d’alors contenait des constructions presque artistiques, qui l’embellissait. L’église construite de pierres taillées, au centre se dressait majestueuse au milieu d’une vaste cour. La porte de l’église donnait sur la rue du Djebel Amour, actuellement nommée rue de la révolution agraire. La porte de la cour, derrière l’église donnait sur une rue, par de larges et magnifiques marches d’escaliers en pierres taillées aussi.
L’église quelques années après fut dérobée de ses pierres taillées et à sa place surgit une bâtisse sombre et monotone qu’on a utilisé comme mairie…
Le long monument en pierres taillées, qui fendait le ciel, en triangle isocèle, et qui s’élevait à quarante mètres au moins, au long duquel, le soldat colon hissait le drapeau de la France. Ce monument situé à l’intersection de la rue de Laghouat et celle d'El bayadh a été enlevé…Oui soigneusement dépouillé de ses pierres lui aussi !
Une descente abrupte, vert le village nègre d’autrefois, appelé actuellement rue d’El Gaada, en face du jardin public dont on parlera après, à son flan s’étale la caserne militaire. Cette dernière n’était guère distincte du stade civil, elle était accolée à lui. Les militaires français n’avaient guère peur des joueurs Algériens à l’époque, ni de la population. Au delà du stade, la foret de platanes en bordure de l’oued se prolongeait jusqu’à Ras El Ain ( une source abondante en eau potable).
Actuellement, la caserne s’est accaparé le stade de football, dans une architecture qui ne respecte aucune norme d’urbanisme. Son aspect extérieur est un vrai danger public !
Au lieu d’agrandir l’ancien stade et d’ajouter d’autres structures sportives, culturelles, économiques, nos responsables militaires ont préféré construire un autre hors de la ville…
En face de la sous préfecture décrite dans le livre ‘ l’éducateur’ et dans la nouvelle ‘Quand un adolescent pleure la mort d’un intime’, séparait par le boulevard de Laghouat, se trouvait un jardin merveilleux, avec dancing, cafétéria et une sorte de piscine aux eaux claires, qui permettait aux enfants d’y naviguer sur de petits radeaux en planches. Des arbres et des fleurs de toutes sortes y poussaient. Des allées étaient aménagées, impossible de piétiner la verdure…Des bancs longs et confortables en bois dur verni, donnait envie de contempler la verdure ou de lire…
Au dos de ce jardin entouré d’une muraille pas trop haute, permettant de voir les arbres et les fleurs du dehors…se trouvait une merveille : Une tête de lion en pierre sculpté qui laissait couler l’eau claire et limpide, de sa gueule ouverte, dans un petit bassin joliment réalisé. A son tour le petit bassin laissait passer l’eau dans un grand récipient de pierres taillées en forme d’ ‘un fer à cheval’. Les harkis à l’époque coloniale, venaient y baigner leurs chevaux.
En face du fameux bassin en ‘fer de cheval’, se trouvait jadis, un grand domaine vert étendu sur une superficie de plus de mille mètres carrés,
embelli par des arbres fruitiers, des légumes de tout genre, des rosiers, entouré d’une muraille en dur avec une vaste maison…Une autre étendue, au delà de la clôture, le vaste terrain, couvert d’un gazon naturel, servait de piste pour la fantasia.
Actuellement, rien de tout cela n’existe, tout a été remplacé par le béton. Des constructions inachevées, sales et sans charme, sont utilisées abusivement par la commune comme marchés non couvert, ou tout se vend…sans aucune règle d’hygiène, des produits alimentaires de première nécessité sont étalés à même le sol !
Malgré tout la vielle commune s’est agrandie, elle est devenue Dairat(Sous- préfecture), elle qui aspirait à un statu plus important : Wilaya(Département). Elle s’étend sur une superficie importante aux quatre points cardinaux, avec de riches propriétés de constructions privées, malheureusement mal ou pas du tout assainies…les rues restent à l’état naturel, avec des infrastructures nouvelles importantes et vital(écoles, lycée, dispensaires sanitaires et administratifs)…
Des responsables incapables de conserver un nom de rue qui appartient à la nation tout entière, comme - rue du Djebel Amour - pour le remplacer par un nom révolutionnaire, voir politique - rue de la révolution agraire - , susceptible d’être rejeté par un autre gouvernement ou par le régime qui l’a instauré, à un moment donné de son évolution, sont incapables de jauger le bien fondé de ce qui peut être vrai ou faux.
… Et puis à quoi bon changer ce qui est positif, même si c’est l’œuvre d’un ennemi ?
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